POURQUOI J'ECRIS ?

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Avec mon premier roman, Confession d’un hypocondriaque, j’ai voulu prendre du recul sur une hypocondrie ancienne et pesante, m’en moquer grâce à l’autodérision. On fait mieux rire les autres à travers soi et plus une histoire est personnelle, plus on peut se permettre d’aller dans le délire. Ce qui était drôle, c’était de montrer les conséquences de l’hypocondrie sur l’entourage, en particulier pour le couple. C’est donc un livre tout à la fois autobiographique, humoristique et thérapeutique. Beaucoup d’hypocondriaques m’ont écrit depuis pour me dire qu’il les avait aidés.

Pour mon deuxième roman, Incroyable Horace, j’avais envie d’écrire autour d’un thème qui me tient à cœur, celui du changement de vie. Horace a tout pour être heureux et pourtant il ne l’est pas, ce qui le poussera à réagir. C’est un roman autour des questions que l’on se pose sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie, sur l’attention qu’il faut prêter à ses désirs profonds.

Avec Ce jour qui devait être le dernier, j’ai cédé au plaisir du pur roman, avec l’histoire d’un homme ordinaire dont la vie va soudain basculer dans l’extraordinaire, un peureux qui va trouver de vraies raisons d’avoir peur et qui devra se dépasser. C’est à la fois un roman policier et un roman d’aventure, qui m’a aussi permis de glisser deux ou trois choses sur un phénomène de l’époque : ce besoin chez nombre de nos contemporains d’avoir son quart d’heure de célébrité.

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est raconter des histoires. Mais l’écriture a d’autres vertus pour l’auteur de romans que je suis. Elle m’offre des parenthèses dans ma vie réelle, me permet de m’en échapper pour partir dans un monde parallèle qui s’anime grâce à moi. C’est un espace de liberté incomparable ! C’est aussi retrouver le plaisir de l’enfant qui joue avec ses figurines, celui de pouvoir faire ce que je veux avec mon histoire et mes personnages, sans rien m’interdire, jusqu’au moment, étrange et sublime, où surgit l’imprévu. Alors me viennent des choses que je n’avais pas imaginées en me remettant à ma table d’écriture. Des pistes s’ouvrent et m’emmènent dans des directions que je n’aurais jamais songé prendre ; ce lâcher-prise me donne l’impression que l’histoire trace son chemin toute seule, qu’elle n’a plus besoin de moi, que les personnages s’émancipent et prennent leur destin en main. Tout vient de moi et pourtant tout m’échappe ! Ces moments sont magiques.